L’interview de Claude Moniquet à propos du 11 septembre 2001

Interview de Claude Moniquet expert du contre-terrorisme par Hoaxbuster

Cet article est partiellement issu de Hoaxbuster qui à interviewé l’expert en contre terrorisme Claude Moniquet en avril 2002.

Claude Moniquet

Claude Moniquet est un expert international en terrorisme. Journaliste d’investigation, il a par le passé évolué dans les mouvances extrémistes (Fraction Armée Rouge). Il connaît le sujet sur le bout des doigts pour l’avoir vécu de l’intérieur et suivi depuis plus de 25 ans. Ses propos sont éloquents et contribuent à eux seuls à répondre à l’ensemble des questions soulevées par Thierry Meyssan, compte-tenu de la pertinence et du sérieux de ses dires, nous vous les livrons in extenso.

 

Rédaction : Claude, comment avez-vous abordé « l’affaire du Pentagone » et quels arguments opposez-vous à la thèse de l’absence d’avion ?

Claude Moniquet : Le piège de « l’affaire du Pentagone » tient en une réalité difficilement contournable : il suffit de 10 secondes pour énoncer la thèse (en hyper résumé: « pas d’avion parce que pas de débris ». Mais ceux qui veulent s’y opposer avec sérieux, doivent développer un argumentaire long et fastidieux. Pour ce faire, j’ai travaillé, sur cet aspect des choses avec des ingénieurs (aéronautique, physique des incendies etc…), des architectes (résistance des matériaux) et des médecins légistes.

Rédaction : L’éventualité d’une bombe placée dans l’enceinte du Pentagone est-elle plausible ?

Claude Moniquet : Comme d’autres spécialistes, j’ai pu ces vingt dernières années, examiner de près les ruines de dizaines de bâtiments frappés par des véhicules piégés ou des bombes placées à l’intérieur des lieux ou encore détruits par bombardement. A l’examen, les ruines du Pentagone offrent un aspect cohérent avec la version dite « officielle » et ne correspondent, en tous cas, pas à un immeuble soufflé par un véhicule piégée ou par une explosion intérieure. Le souffle a été quasi nul! Même un enfant pourrait s’en rendre compte, on est en présence d’un immeuble qui a subi un impact et non un souffle (« blast »), il n’est qu’à voir les vitres restées intactes sur la façade du bâtiment. Du reste, si l’explosion avait eu lieu dans le bâtiment ou au pied de celui-ci, les dégâts seraient totalement différents, étant donnée la structure de l’immeuble et la résistance aux contraintes du béton. Le kérosène a en revanche la particularité de ne pas dégager d’effet de souffle en cas d’ignition…

Rédaction : Que dire de l’absence de témoignages crédibles, de la possibilité pour le gouvernement US d’avoir manipulé l’opinion ?

Claude Moniquet : C’est absolument faux, plusieurs dizaines de personnes qui se trouvaient dans les bâtiments du Pentagone ou à proximité de celui-ci ont vu l’avion s’approcher puis s’écraser. A 09H43, par exemple, Mike Slater qui se trouve à l’état major voit l’avion approcher et dit à ses voisins: « Ca y est, on est les suivants ». On peut très facilement retrouver leurs témoignages dans l’ensemble des médias.

Rédaction : Concernant le vol AA 77 supposé s’être volatilisé au-dessus des Etats-Unis sans laisser de traces, qu’avez-vous pu recueillir ?

Claude Moniquet : On dispose d’un témoignage « de l’intérieur » de l’avion. A deux reprises, aux alentours de 09H35, la journaliste Barbara Olson qui se trouve à bord du vol 77 téléphone depuis son portable à son mari, le procureur général Théodor Olson et lui dit: « Nous avons été détournés, tous les passagers ont été regroupés au fond de l’appareil. Devons-nous tenter quelque chose? »

Rédaction : Pas vraiment gêné, Meyssan écrit lui (page 24): « Qu’est devenu le vol 77 d’American Airlines? Ses passagers sont-ils morts? Si oui qui les a tués et pourquoi? Sinon où sont-ils? Autant de questions auxquelles l’administration américaine doit répondre ».

Excellente question en effet. Si Meyssan a raison, où est l’avion? Où se trouvent les 58 passagers (dont des gamins qui se rendaient en classe nature, qui se trouvaient à son bord? Où sont les six membres d’équipage?

Pour y répondre, il aurait suffi à l’auteur de rechercher les familles ou certaines des familles des victimes. Elles ont témoigné dans la presse américaine et il est très facile de retrouver leurs coordonnées, pourquoi ne l’a t-il pas fait ?

Rédaction : De nombreux internautes s’interrogent sur le fait que l’avion détourné n’ait pas été descendu par l’armée et il s’agit d’ailleurs d’une des pierres d’achoppement du livre de Thierry Meyssan, que pouvez-vous leur répondre ?

Claude Moniquet : En effet, entre les pages 12 et 15, l’auteur met en cause la « passivité » de l’armée qui tarde à faire décoller ses chasseurs et les contradictions des premières déclarations. Les deux s’expliquent évidemment purement et simplement par le choc et la panique qui règnent alors. Les hommes ne sont pas des machines.

Imaginons la scène et l’ambiance. Entre 08h45 et 08h52, le premier avion s’écrase sur New-York. On peut croire à l’accident. A 09h03, le deuxième avion s’écrase et il désormais évident qu’il s’agit d’un attentat. Il faut alors que la machine réagisse, que chaque niveau de commandement fonctionne sans raté, que les décideurs soient joints et prennent leurs responsabilités. Dix à quinze minutes semblent être un délai raisonnable. Il est à peu près 09h20, au plus tôt, quand l’appareil d’état commence à bouger. Les premiers avions décollent aux alentours de 10h00 du matin. Trop tard, le Pentagone sera touché vers 09H37.

Rédaction : Des terroristes armés jusqu’au dents de cutters, n’est-ce pas un peu faible avant d’envoyer un avion rempli de passagers s’écraser sur un bâtiment ?

Claude Moniquet : C’est précisément là l’un des traits de génie de l’opération. Contrairement à ce que dit Meyssan dans son livre (p. 31), aucune arme à feu n’est indétectable (rayons X, fouilles à corps, chiens, etc…), en porter aurait fait courir le risque aux terroristes de complètement manquer leur mission.

Rédaction : Au-delà de  » l’affaire du Pentagone « , Thierry Meyssan va beaucoup plus loin en supposant que les tours du WTC aient pu être minées de l’intérieur, favorisant leur effondrement, est-ce crédible ?

Claude Moniquet : L’effondrement des tours, selon Meyssan, aurait été provoqué par des charges posées au rez-de-chaussée des tours. Malheureusement, on dispose (outre les témoignages des personnes présentes) des images tournées par les frères Naudet dans les tours. Ils s’y trouvent au moment où elles s’effondrent… Ni ces témoignages ni ces images n’accréditent la thèse des explosion au rez-de-chaussée…

Les séquences videos de l’effondrement des tours du WTC montrent l’absurdité de la thèse, selon Meyssan, des charges posées au rez-de-chaussée : pour chacune des tours, seule la partie supérieure commence à s’effondrer, car celle-ci n’est plus supportée par les étages fragilisés par l’incendie. Dans sa chute, le haut de la tour génère un nuage de poussières en pulvérisant sous son poids les étages inférieurs.

Rédaction : Dans son livre, Thierry Meyssan prétend que : « L’existence d’une balise dans le World Trade Center est attestée par des radio-amateurs qui ont enregistré son signal. Elle a été détectée parce qu’elle interférait avec les émissions des antennes de télévision placées sur les tours. Il est probable que le signal a été activé au dernier moment pour éviter qu’on ne le découvre et ne le détruise…. » que pouvez-vous lui répondre ?

Claude Moniquet : L’auteur cite « des radios amateurs » Qui? Où? Comment? Pourquoi aucun média sérieux n’a-t-il fait écho à leurs déclarations? S’ils existent, pourquoi les témoins de Thierry Meyssan seraient-ils plus crédibles que ceux qui disent avoir vu un avion s’écraser sur le Pentagone? Une des failles de Thierry Meyssan est de ne jamais citer aucun nom concernant ses sources, contrairement à tous ses détracteurs.

Rédaction : Y a t-il d’autres points du livre  » l’effroyable imposture  » que vous pourriez démentir formellement et si oui, comment ?

Claude Moniquet : L’ensemble du livre est bâti sur des incohérences, des rumeurs, tout ceci est démontable point par point :

Rédaction : LE PERSONNEL DE LA SOCIETE « ODIGO » AURAIT ETE PREVENU PAR E-MAIL DE L’IMMINENCE DE L’ATTENTAT (PAGE 37)

Tellement absurde qu’on peut se passer de réponse. Imagine-t-on sérieusement des comploteurs avertir certaines victimes potentielles avant une action de cette ampleur ?

Meyssan ne semble, d’ailleurs, pas avoir peur du ridicule puisqu’il affirme par ailleurs (sans, bien entendu, citer aucune source) qu’au moins cinq services de renseignement étaient au courant de l’attentat avant que celui-ci se produise.

MECONNAISSANCE TOTALE DE LA REALITE TERRORISTE

En pages 52 et suivantes Meyssan revient sur l’existence des « réseaux dormants » et ironise: « …rien ne permettrait à leurs amis et voisins de soupçonner leurs intentions ni aux polices occidentales de les repérer… »

L’ironie et l’ignorance ne changent rien au fait que de nombreuses enquêtes menées depuis trente ans dans des contextes terroristes très différents accréditent l’existence de tels réseaux qui, effectivement, et c’est le propre de leur fonctionnement, échappent aux « soupçons de leurs voisins » et à « ceux de la police… »

MECONNAISSANCE DES PRATIQUES ELEMENTAIRES DE L’ENQUETE CRIMINELLE

Page 53: « …les policiers auraient dû échafauder une multiplicité d’hypothèse et conduire chaque piste à son terme…. ».

Une enquête (et, en vingt ans, j’en ai suivi des centaines) ne consiste pas à « échafauder des hypothèses » mais à isoler le plus rapidement possible des faits et/ou éléments signifiants et à tenter de relier ces faits à d’autres puis, de cette base, à dévider l’écheveau qui conduit aux auteurs d’un fait criminel. C’est précisément ce que le FBI a fait…

« LES ISLAMISTES NE COMMETTENTE PAS D’ATTENTATS SUICIDES… »(SIC!)

Page 54: « Si les pirates de l’air sont des kamikazes, alors ce ne sont pas des islamistes… Le Coran prohibe le suicide… »: stupéfiant de mauvaise foi (on ne peut ici parler d’ignorance). Au Liban dans les années quatre-vingt, et en Israël depuis des mois et des mois, les attentats suicides attribués aux islamistes ou revendiqués par eux se sont multipliés….

Pour se justifier, Meyssan cite l’écrivain Salman Rushdie. Excellent auteur certes, mais ce romancier est tout sauf un spécialiste du terrorisme islamique (et n’a d’ailleurs jamais prétendu l’être).

A PLUSIEURS REPRISES, MEYSSAN MET EN DOUTE L’IMPLICATION DE BEN LADEN OU MET EN EXERGUE LES LIENS DE CELUI-CI AVEC LA CIA

De multiples preuves des liens des terroristes du 11 .09 avec la mouvance AL-QAÏDA existent.

De même les preuves sont multiples du fait que cette mouvance préparait des attentats en Europe en liaison avec les attentats du 11 septembre. Rien qu’en Europe? depuis le 11 septembre, plus de 100 personnes ont été arrêtées en France, Belgique, Italie, Espagne, aux Pays-Bas, etc… Il est incontestable que ces personnes préparaient des attentats contre des intérêts américains et tout aussi incontestable qu’elles étaient liées, de manière générale à ce qu’il convient d’appeler la « mouvance Ben Laden ». Comme l’étaient les assassins d’Ahmed Shah Massoud.

Enfin, si il y a eu « collaboration » dans les années 80 entre Ben Laden et la CIA, cette phase appartient au passé.

On se référera aux multiples enquêtes judiciaires en cours dans plus de vingt pays (dont la France). Je résume cet aspect des choses (y compris une bio précise de Ben Laden) dans les quatre derniers chapitres de mon livre.

Rédaction : Claude, pour finir, quel sentiment vous laisse toute cette histoire ? Rumeur possiblement fondée ? Ou effroyable imposture ?

Claude Moniquet : Admettons une seconde la thèse de Meyssan. Tout cela n’est qu’un horrible complot de la CIA ou des cercles militaires américains. Soit, donc, ces braves gens ont assassiné, de manière délibérée, entre 3000 et 4000 personnes dans les attaques terroristes les plus spectaculaires et sanglantes de l’histoire. Ce sont donc des génies du crime doublés de génies de la manipulation et de la mise en scène. Ils n’ont oublié qu’une chose: laisser quelques débris d’avion au Pentagone. C’est bête d’être distrait à ce point là…

D’un point de vue journalistique, depuis six mois, nous sommes des centaines de journalistes, appartenant à des dizaines d’entreprises différentes, à enquêter sur le 11 septembre.

La presse américaine à elle seule a mis en place des moyens considérables. Et l’on sait qu’elle est la plus libre, la plus pugnace et la plus puissante du monde. Elle a quand même fait tomber Nixon, dévoilé des dizaines de scandales politico-militaires (entre autres durant la guerre du Vietnam, alors que la sécurité nationale était en cause….). Seulement voilà, aucun de ces journalistes, dont je suis n’a découvert cette vérité qui crève les yeux de Monsieur Meyssan. Nous sommes tous (très) bêtes ou (c’est mieux), vendus à la CIA…

 

 

Le blog de Claude Moniquet

Source

Olrik

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