Interview : Le journaliste qui à piégé les conspirationnistes raconte

CUBA/SIDA : La vérité sous blocus : Le journaliste qui a piégé les conspirationnistes interviewé.

Vous vous rappelez, il y a quelques jours le site Spicee révélait qu’il avait crée de toutes pièces une vidéo mensonge a propos du Sida.  Une vidéo relayée par les conspirationnistes.

CUBA SIDA La vérité sous blocus

Petit récapitulatif :

« Le Sida a été inventé par les États-Unis pour combattre la révolution castriste à Cuba dans les années 60. Voilà pourquoi, les Américains ont imposé un blocus à l’île. Et si aujourd’hui, la situation se détend, c’est parce que les Cubains sont en passe de trouver un vaccin sur lequel lorgnent les grands laboratoires pharmaceutiques. Vous ne le saviez pas ? Normal, c’est totalement faux. Et pourtant, des milliers de personnes ont avalé cette théorie sans broncher sur le net. Pourquoi ? Comment ? C’est l’objet d’une expérience incroyable que ce documentaire totalement inédit vous raconte. »

Sida : comment ils ont piégé les conspirationnistes

Aujourd’hui, le journaliste Thomas Huchon alias « Lionel Perrotin » en dit plus.

Le site lesinrocks à obtenu une interview du journaliste Thomas Huchon, créateur de cette vidéo.  Faux compte, préparation, nombre de vues….  Je vous laisse découvrir cette interview.

Si les révélations de Spicee ne surprendront pas les internautes les plus aguerris en matière d’utilisation des réseaux sociaux dans la diffusion d’une information erronée sur le web, il montre que certains sites ou utilisateurs complotistes sont capables de partager une information qui n’émane pas d’un média traditionnel, sans effectuer de vérification ou d’en confirmer la source. Le site Réseau Internationnal, qui a repris le faux docu fin octobre 2015, n’avait d’ailleurs toujours pas retiré son article sur le sujet à la date du 22 décembre, malgré la diffusion du sujet de Spicee.

 L’interview

Nous avons demandé à Thomas Huchon de nous parler de la genèse de son documentaire ainsi que de ses projets futurs.

Quel est le but de ce docu ?

Thomas Huchon – On n’a pas cherché à coincer les conspirationnistes en tant qu’individus, on a cherché à mettre en lumière une mécanique à la fois technique, intellectuelle et peut-être même politique. On a essayé de comprendre comment cela fonctionnait. Nous nous sommes intéressés autant aux théories du complot qu’aux théoriciens du complot en tant que tels, même si l’un et l’autre sont liés. On a cherché à fournir au public une grille de décryptage, une méthode un peu pédagogique pour pouvoir mieux appréhender les contenus qui circulent sur internet.

Comment vous est venue l’idée de créer ce faux film ?

Ça doit faire deux ans que je travaille, à titre personnel, sur ces questions-là. Cela fait un petit moment que j’essaie de mesurer l’impact politico culturel des idées complotistes sur la société. J’avais déjà l’idée de faire un reportage, Spicee était en train de se créer et je connaissais le fondateur car il avait été producteur d’un de mes documentaires précédents. On s’est rencontré, on a discuté, puis l’actualité nous a rattrapés, avec les attentats de Charlie Hebdo.

Quel rapport avec Charlie Hebdo ?

A ce moment-là, on a vu une explosion colossale du phénomène de propagation d’idées conspirationnistes. On a alors décidé de penser contre nous-mêmes, de trouver un moyen non pas de parler des complotistes en disant “ce sont des méchants, des salauds, des fachos” mais d’essayer de mesurer la qualité de ce qu’ils produisent.

Que voulez-vous montrer ?

On s’est demandé si ce que publient ces gens-là, à longueur de journée, est fiable. On avait plutôt l’impression que ça ne l’était pas, mais sans pouvoir le vérifier. Et c’est là que nous est venue l’idée un peu “dingo” de créer une fausse théorie du complot et voir si ça allait prendre. On alors inventé cette histoire sur Cuba et le virus du Sida.

Combien de fois la vidéo a-t-elle été partagée?

La vidéo [postée sur Youtube fin octobre 2015, ndlr] a été reprise 9350 fois en 3 semaines, sachant qu’elle venait d’un personnage fictif et qu’elle n’était constituée que de mensonges.

Pour partager la vidéo, vous avez créé ce fameux “Lionel Perrottin”

C’est une double vie, sur neuf mois d’enquête. La journée on est Thomas Huchon et on fait un documentaire, la nuit on est Lionel Perottin et on est un “conspi”. Ça nous a pris beaucoup d’énergie.

Pourquoi avoir inventé cette identité si tôt avant la diffusion du reportage ?

Nous avions conscience que le travail d’infiltration est un travail au long cours: on savait que plus longtemps on arriverait à exister sans être démasqués sur ces réseaux, plus cela renforçait notre crédibilité. Ce qui a été une surprise, c’est à aucun moment on n’a rencontré une forme de méfiance. J’ai beaucoup plus l’impression qu’on a été recrutés comme une vulgaire secte, qu’on m’a repéré et qu’on s’est dit “ah tiens, lui il est comme nous“.

Certains diront que 9300 vues en 3 semaines, ce n’est pas ce qu’on appelle une vidéo “virale”.

J’entends cette limite, que pose également le papier qu’a fait Arrêt sur images, en disant “5000 vues sur Youtube [en 2 semaines, ndlr], ce n’est rien”, moi je réponds : 5000 vues sur youtube, quand on est un média comme vous, ce n’est rien. Mais quand on n’est personne et qu’on n’existe pas…

Que veulent dire ces 9 300 vues?

Il faut prendre deux éléments en considération. On a fait une expérience qui avait des limites. La première : qu’on ne voulait pas laisser ce truc sur Internet trop longtemps. On voulait tester ça dans un univers clos : on voulait le laisser trois semaines, on l’a laissé trois semaines.

Le fait que vous ayez choisi d’arrêter l’expérience le 12 novembre, la veille des attentats, c’est un hasard?

C’est un hasard total !

On peut regretter que vous n’alliez pas plus loin au sein de ceux qui composent la complosphère…

On n’est pas parti en se disant “on va se faire Soral et Dieudonné“. Notre objectif, ce n’était pas les têtes de gondole. Même s’ils ont un rôle dans la propagation de ces contenus, ce ne sont pas ceux qui font toute l’audience. On a décidé d’être le moins proactif possible. J’aurais pu écrire à Alain Soral et Dieudonné pour leur envoyer, ou aux tas de gens qui ont écrit des sites spécifiques sur les complots autour du sida, mais on a décidé de ne pas le faire, car ça biaisait le résultat. On voulait mesurer dans quel espace de temps tout cela allait se faire tout seul.

Quelles limites avez-vous posé à cet exercice?

L’immense difficulté, c’était d’arriver à maintenir le cadre de l’expérience le plus intact possible.On s’est mis un certain nombre de garde-fous. Si jamais une fausse information de notre docu était sortie, qui aurait pu être utilisée en-dehors du docu, on aurait dit “stop” tout de suite.

Quelle est la morale de l’histoire ?

Il y a plusieurs morales. La première, c’est que les sites conspirationnistes ne sont pas ce qu’ils prétendent : des parangons de la vérité ou des gens qui seraient de grands enquêteurs, vu qu’on peut leur faire répéter n’importe quoi, du moment où ça va dans le sens de ce qu’ils racontent.
Peut-être que ces gens ne sont pas aussi vertueux qu’ils le prétendent, et peut-être que le public doit être plus attentif là-dessus. Nous, journalistes, on a intérêt à se servir de tout ça pour le faire connaître : ce sont des gens qui nous crachent au visage toute la journée. Pour une fois qu’on peut leur dire : “vous n’êtes pas des journalistes“…

Et la deuxième morale ?

La deuxième morale, c’est que si on a réussi à faire une toute petite partie du travail (et j’insiste sur ce point), il reste énormément de choses à faire.

Qu’allez-vous faire ?

Avec Spicee nous allons lancer une émission qui s’appellera ConspiHunter et qui sera un programme de réponse aux thèses conspirationnistes et de décryptage. Ce sera une émission vidéo web diffusée à partir de janvier 2016, en format court (5-10minutes), qui reviendra de manière très régulière. Comme point de départ, on va se servir de cette grille de lecture, cette cartographie, nos analyses de big data et prendre le temps de développer une reflexion autour.

Source

En conclusion

Les conspirationnistes ne vérifient jamais leur sources, comme je l’ai souvent mentionné.

Ils ne prennent en considération que ce qui va dans leur sens quitte à déformer les faits pour que cela adhère à leur théorie.

Les conspirationnistes se font régulièrement avoir pourtant.  Les « aveux » d’un pilote Ukrainien qui avouait avoir abattu le vol MH17 et qui provenait d’un site satirique allemand semblable au Gorafi !  Même le site Sputnik, un média Russe sous contrôle du Kremlin et qui est traduit dans plusieurs langues y a cru ! Ce site est connu pour sa propagande tel que le missile Israélien qui aurait abattu le vol MH17 pour ne citer que ce cas.

Ils n’hésitent pas à prendre une vidéo fabriqué grâce à des images trouvé sur le net et à y coller le nom d’une grande chaîne de télévision et à la colporter.

Bien entendu, si nous osons remettre en cause les sites conspirationnistes, leurs sources d’informations et les administrateurs de ces sites, nous subissons leurs foudres.

Ils ont perdu tout esprit critique et suivent aveuglément leurs sources sans même avoir la moindre réflexion.

Si la série « Le complot » du grand journal n’avait pas cet aspect ironique, nous pouvons être sûr qu’ils y croiraient…  c’est triste mais rien ne m’étonne plus venant d’eux.

Olrik

Joyeux Noël et Bonne année.

Vous désirez en savoir plus ?

Les conspirationnistes annonçaient la fin du monde pour décembre 2015, c’est loupé !

Les conspirationnistes annonçaient qu’un astéroïde détruirait les USA avant le 28 septembre.

Attentats à Paris novembre 2015 : un site conspirationnistes défends les terroristes.

Théorie du complot Charlie Hebdo.

A la loupe : Wikistrike.com

A la loupe : nouvelordremondial.cc

Un site d’infaux comme source pour les conspirationnistes.

La complosphère, la secte d’internet ?

Propagande et manipulation sur le net.

La terre est plate pour les conspirationnistes et les satellites n’existent pas.

Les missions Apollo : les conspirationnistes vous manipulent Nous avons bien marché sur la lune !

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