Un rédacteur du site d’Olivier B dénonce ces pratiques

Pourquoi je ne publie plus sur le site : les crises.fr de O Berruyer

Je donne une explication à ma décision de ne plus publier de papier sur le site de OB, les crises.fr. Des demandes d’explication aimablement formulées et des remises en cause parfois insultantes m’ont conduit à rédiger ce texte.

J’ai retenu une citation stratégique de Barroso , plusieurs fois reprise sur le site les crises.fr car elle possède un effet de loupe ou, mieux encore, un effet macroscopique.

Introduction

« Ce qui m’aura vraiment frappé dans cette histoire du MH 17 (mais sans grande surprise, hélas, Mark Twain disait déjà avec justesse au XIXe siècle : “Si vous ne lisez pas le journal, vous n’êtes pas informé ; si vous lisez le journal, vous êtes mal informé.”) c’est la capacité des médias à sauter sur n’importe quelle information allant dans leur sens, la répéter en boucle comme si c’était parole d’évangile sans même faire preuve d’une once d’esprit pragmatique ou de méfiance élémentaire (chapeau le 4e pouvoir ! D’une servilité quasi absolue au 1er…), de laisser de coté ou de mépriser ce qui pourrait affaiblir cette information, et d’à peine évoquer son caractère faux quand il est révélé. » (Votre humble serviteur Olrik à écrit un article justement la dessus.)

Si je mets ce texte en exergue, c’est qu’il explique pourquoi j’ai décidé de ne plus publier une ligne sur le site de OB. J’ai de surcroît demandé à OB de supprimer tous les articles que j’avais pu faire paraître sur son blog.

Dans le petit texte que j’extrais d’un papier récent, OB nous promet de corriger la désinformation régnant dans les médias. OB en appelle à « l’esprit pragmatique » et à la « méfiance élémentaire » en faisant accroire qu’il en fait un large usage. La rhétorique qu’il emploie sur son site est impeccable : le ton est donné sur la page de présentation : « Je ne pensais pas qu’on vivrait un tel bourrage de crâne et un tel flot de haine déversé par les médias 100 ans après 1914… Faute de moyens pour en faire plus, le but de ce blog, ce mois-ci sera de dénoncer la propagande à l’oeuvre dans NOS médias financés par NOTRE argent – car notre pays n’a pas l’excuse d’un régime relativement autoritaire usant de propagande comme c’est le cas en Russie. Et comme l’a dit Chomsky :

« Je suis citoyen des États-Unis et j’ai une part de responsabilité dans ce que fait mon pays. J’aimerais le voir agir selon des critères moraux respectables. Cela n’a pas grande valeur morale de critiquer les crimes de quelqu’un d’autre – même s’il est nécessaire de le faire, et de dire la vérité. Je n’ai aucune influence sur la politique du Soudan, mais j’en ai, jusqu’à un certain point, sur la politique des États-Unis » [Noam Chomsky, The Guardian, 20 janvier 2001] »

On serait donc en droit d’attendre un traitement de l’information irréprochable. C’est dans cette perspective que j’avais accepté en août 2013, l’ invitation à tenir une libre chronique sur son blog.

Mon intérêt était de donner une audience plus large à mes papiers. L’intérêt OB était de mettre en ligne une information précise sur la situation d’une économie américaine qui est l’objet de déclarations et d’analyses souvent inexactes. La dominante économique commune à nos deux sites rendait cette collaboration envisageable.  J’y ai renoncé après une série de mails que je lui ai adressée, ils sont restés sans effet.

L’affaire ukrainienne a en effet révélé un traitement de l’information trahissant les promesses et engagements largement étalés sur le Blog les crises.fr. Pour des raisons de formes et de fonds que je vais exposer à partir de quelques exemples, il ne m’est plus paru possible de cautionner une entreprise de contre-information revendiquée dissimulant une entreprise de désinformation caractérisée.

Le public à qui il est demandé des contributions sonnantes et trébuchantes ne doit pas ignorer les procédés mis en sur ce blog. Je vais donc montrer comment OE fait un usage douteux de documents essentiels lui permettant de soutenir les thèses qu’il arrange.

A – Une thèse essentielle sur la responsabilité de l’UE dans la crise ukrainienne : construction de la thèse et démontage des procédés. Contribution à une critique de la forme et du fond de la contre-information du blog les crises.fr

Je vais utiliser deux textes pour mettre expliquer ma position

Le premier se trouve à l’adresse suivante http://www.les-crises.fr/responsabilite-ue-ukraine-1/, il s’intitule la responsabilité de l’UE dans la crise ukrainienne

« Fin 2012, le Conseil Européen propose que le traité d’association, complété d’un traité de libre-échange soit signé lors du Sommet du partenariat Oriental de Vilnius en novembre 2013, à la condition que l’Ukraine mène des réformes électorales, judiciaires et constitutionnelles.

La partie centrale du projet d’association économique de 1200 pages est le Deep and Comprehensive Free Trade Agreement (DCFTA). Il s’agit d’un accord de libre-échange étendu qui aurait éliminé les dernières protections pour ce qui reste de l’industrie ukrainienne. Ce traité est qualifié par l’UE « du plus ambitieux accord bilatéral » jamais signé par elle. Le chapitre 1 annonce que :« la vaste majorité de tarifs douaniers seront éliminés aussitôt l’accord entré en application. […] Globalement, l’Ukraine et l’Union européenne élimineront respectivement 99,1% et 98,1 % des tarifs douaniers ».

Jusqu’alors rien à dire. C’est la suite qui fait problème

Au sommet Europe/Ukraine du 25 février 2013, Viktor Ianoukovitch indiqua qu’il ferait de son mieux pour répondre aux demandes européennes, et déclara :« Je poursuis les négociations avec la Russie pour trouver le bon modèle pour une coopération avec l’Union Douanière orientale ». Mais ce même jour, le président de la Commission José Manuel Barroso indiqua que :« Un pays ne peut à la fois être membre d’une union douanière et dans une zone avancée de libre-échange avec l’Union européenne » L’Union européenne commettait donc l’erreur tragique de demander à l’Ukraine de choisir son camp…

La suite du texte fait quelques suppositions permettant de penser que Yanoukovich pensait pouvoir jouer sur les deux tableaux.

« Mais le résultat fut tout autre. La Russie a alors commencé à prendre, fin juillet 2013, des premières sanctions commerciales contre l’Ukraine. Pour que le message soit clair, elle a commencé par fermer le marché russe… aux chocolats de l’entreprise Roshen de Petro Porochenko… »

La lecture de ce passage laisse clairement entendre que la crise ukrainienne est le résultat d’une politique de l’UE unilatérale à laquelle répond un Poutine qui est donc son bon droit.

Dans billet qualifié de synthèse majeure (http://www.les-crises.fr/le-gouvernement-fasciste-de-kiev-que-nous-soutenons/) cette analyse se reprise dans les mêmes termes.

« Le Président Ianoukovytch espérait en fait gagner sur les deux tableaux – ce qui n’était pas du tout réaliste. Évidemment, cela n’a pas marché : le 25 février 2013, José Manuel Barroso indiqua : « Un pays ne peut à la fois être membre d’une union douanière et dans une zone avancée de libre-échange avec l’Union européenne ». L’Union Européenne commettait donc l’erreur tragique de demander à l’Ukraine de choisir son camp… »

La Russie, ayant des intérêts économiques en Ukraine de Mr Poutine ne put que réagir légitimement :« La Russie mit alors la pression sur l’Ukraine l’été 2013, commençant à freiner ses importations pour protéger son économie. »

On admirera la logique de l’argumentation qui passe de la pression à la protection. Comment se protéger d’un traité qui n’est pas encore signé ? La pression répond donc uniquement aux options européennes qualifiées d’erreurs tragiques. Nous soulignons le fait que le mot tragique fait porter les conséquences de la suite des événements ukrainiens au choix de l’UE attesté par la déclaration de Barroso. Poutine dans l’affaire est la victime qui doit se protéger.

On connaît la suite, les « pressions légitimes » dans un tel contexte de la Russie aboutissent à Maidan…

« Le 21 novembre, Ianoukovytch indiqua qu’il différait la signature de l’accord d’association – un sondage indiquant que seuls 35 % des Ukrainiens estimaient qu’il avait tort. Il précisa qu’il recherchait désormais un accord trilatéral UE-Ukraine-Russie, et demanda que soient mises en place de telles négociations. Proposition censée, mais brutalement rejetée par Manuel Barroso : « Quand nous signons un accord bilatéral, nous n’avons pas besoin d’un traité trilatéral ».

Ianoukovytch signe finalement le 17 décembre 2013 un accord avec la Russie, celle-ci acceptant d’injecter 20 Md$ par an en Ukraine.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, finalement pour le mieux pour l’Ukraine : Crimée conservée, faillite évitée, avantages sociaux des Ukrainiens préservés, risque de dislocation du pays évité… Et pour l’UE : pas de concurrence à 100 € par mois, pas de soutien financier à apporter…

Mais c’était compter sans la réaction des nationalistes ukrainiens europhiles de l’Ouest : des petites manifestations dites EuroMaïdan ont alors eu lieu dès le refus de signer l’accord avec l’UE. Les oligarques ukrainiens, l’UE et les USA ont alors mis de l’huile sur le feu EuroMaidan… » Et tout cela de se terminer par un Putsch.

B – L’utilisation douteuse des sources.

On est en droit d’attendre de cette lecture qu’elle soit étayée par des sources solides et indiscutables sur les choix tragiques de l’UE. On notera que deux citations de Barroso sont utilisées, la première fermant la porte à une union douanière complémentaire avec la Russie, la seconde confirmant cette option qui a tout d’un Diktat.

La source de la première citation de Barroso est la suivante

Barroso reminds Ukraine that Customs Union and free trade with EU are incompatible

KYIV, February 25 /UKRINFORM/. European Commission President Jose Manuel Barroso has reiterated the EU’s official position that Ukraine cannot simultaneously have a free trade area with the EU and be a member of the Customs Union of Russia, Belarus and Kazakhstan.

He said this at a joint press conference after the EU-Ukraine summit, which took place in Brussels on Monday, a UKRINFORM correspondent reported.

« Agreements on the establishment of a deep and comprehensive free trade area between the EU and Ukraine contain obligations that need to be fulfilled. We discussed this issue with President [Viktor] Yanukovych today. Our positions were clearly defined… One country cannot at the same time be a member of a customs union and be in a deep common free-trade area with the European Union. This is not possible, » Barroso said.

However, he noted that there are « some pragmatic ways to address this issue. »

« And we have to respect the position of Ukraine, » Barroso said, adding that Kyiv and Brussels have a common goal of political association and economic integration.

Ap (http://www.ukrinform.ua/eng/news/barroso_reminds_ukraine_that_customs_union_and_free_trade_with_eu_are_incompatible_299321)

Cette source paraît d’autant plus solide qu’elle a été publiée par une agence américaine Ap pour associated press.

Mr OB aurait dû faire preuve à l’égard de cette source d’une « méfiance élémentaire » et d’un « esprit pragmatique ». Il sait comment on vérifie une source : il suffit de reprendre un extrait significatif du texte et de la placer dans la barre de recherche de Google. Cette simple démarche, régulièrement utilisée par OB pour montrer comment les dépêches d’agences sont reprises sans discernement, ne peut lui être étrangère.

Nous avons donc procédé à la recherche de la source Barroso. Cette dépêche de  l’associated Press est un faux grossier ! Les déclarations prêtées à Barroso n’ont jamais été prononcées par lui. Ce texte n’aurait pu être ignoré par l’ensemble des médias du monde entier, Russes compris. Elle avait en effet une importance politique exceptionnelle, elle formule une exclusive vis-à-vis de la Russie.

Faux grossier ? Il suffit pour s’en convaincre de rechercher le point de presse de Barroso dont seraient extraites les déclarations de Barroso. L’ensemble des déclarations du point de presse se trouve à l’adresse suivante. http://eeas.europa.eu/top_stories/2013/250213_eu-ukraine_fr.htm.

La déclaration de Barroso est la suivante

« This European Union-Ukraine Summit took place at a very important moment of our bilateral relations. A moment of definition for Ukraine’s European choice and a moment of definition for our relations with our Eastern partners as we prepare for the Vilnius Summit later this year.

This was a positive Summit and we had very open and constructive exchanges with President Yanukovich.

Our joint objective is to move towards political association and economic integration with Ukraine and all the partners who are willing and ready to do so.

Ukraine is already a member of the European family of nations and we want all Ukrainians to enjoy the benefits of that, through the signing and entering into force of the Association Agreement and the Free Trade Agreement.

The Association Agreement we have negotiated with Ukraine is the most advanced agreement of this type ever negotiated by the European Union and will bring concrete benefits to both EU and Ukraine’s citizens.

The “Deep and Comprehensive Free Trade Area” foreseen by the Agreement will give Ukraine greater access to the world’s biggest internal market and bring significant benefits in terms of increased trade, investment and real economic modernisation.

It will also allow Ukraine to consolidate its future path and direction 22 years after its independence.

This is however a process that requires deep reforms, tangible and substantial progress and determined actions by the Ukrainian authorities.

I am glad that Ukraine, through President Yanukovich, has expressed its unequivocal commitment to seizing this opportunity to pursue genuine reforms and to uphold democratic values.

This same commitment was also expressed last Friday by the Ukrainian parliament, the Rada, with the approval of a resolution on European integration by more than 90% of the Members of the Parliament. We need now to translate these political statements into concrete results.

I now look forward to concrete action being taken in the three key areas set out in our joint communiqué: changes in the electoral code; overall political and economic reforms and decisively addressing the issue of selective justice. These are real and feasible benchmarks, which have to be tackled in the very short-term. Our Member States and also the European Parliament, namely through the mission led by President Cox and President Kwasniewski, are following these developments with great attention.

It is important to note that we are not making neither additional nor unilateral requests, but just asking the commitment to, and implementation of, the Association agenda that was commonly agreed. This is paramount if we are to move ahead and sign the Association Agreement as it is our joint objective.

We obviously stand ready to offer our assistance to Ukraine in pursuing this goal. As I said earlier during this Summit to Ukraine: you are not walking alone.

We discussed today precisely the areas where we can be of further assistance, such as macro-economic stability, trade, energy cooperation and mobility.

The European Union is very much committed to Ukraine’s economic growth and modernisation, and we are aware of the economic challenges facing the country. This is why we have agreed on a Macro-Financial Assistance package of 610 million euros to support Ukraine’s balance of payments over the coming years. This is the largest ever Macro-Financial Assistance package and represents a clear demonstration of our support to Ukraine’s prosperity.

We also discussed our energy relations. Ukraine is a very important partner and a member of our Energy community. We are committed to contributing to the modernisation of Ukraine’s gas transit system. We have also supported the conclusions of the very good meeting between Commissioner Oettinger, our Commissioner for Energy, and the Ukrainian Minister for Energy.

I have also said to President Yanukovich that we remain committed to our agenda for mobility. Visa liberalisation remains our final goal. Meanwhile I hope that the recently concluded visa facilitation agreement will allow for easier and freer circulation for several categories of Ukrainian citizens, such as students, researchers or business people.

Finally we had positive discussions on regional and multilateral issues, including the overall development of the region. In the spirit of ‘good neighbourly relations’ that we wish to foster, we have expressed our appreciation to President Yanukovych for the improvement of Ukraine’s relations with the countries of the region.

President Yanukovych,

Today is the third anniversary of your inauguration. It is a day for very important decisions. I hope to count on your commitment and personal support to achieve our common goal of political association and economic integration between the European Union and Ukraine. This can be achieved. I hope it will be achieved.

I thank you for your attention »

http://europa.eu/rapid/press-release_SPEECH-13-157_en.htm

On n’y trouve guère les propos rapportés par Ukinform, propos repris nulle part ailleurs. Je n’ai pas plus trouvé les propos prêtés à Yanoukovych

La source qu’utilise OB est donc un bien un faux grossier. Il était facile de démonter ce canard. Elle joue pourtant un rôle central dans une argumentation faisant porter à l’UE la responsabilité d’une erreur tragique initiale commandant la suite des événements. La contre-information bascule alors inévitablement dans la désinformation que cette contre-information est sensée combattre.

Au-delà du faux grossier utilisé se pose un problème politique qui aurait dû mettre la puce à l’oreille à notre grand donneur de leçon en matière d’information.

Imaginons que Barroso ait dit ses paroles, faisons l’hypothèse qu’elles aient bien été reprises par la presse internationale ; quel poids leur accorder ? Aucun ! si cette exclusive Européenne n’est pas dans le texte des accords en train d’être négociés, les propos de Barroso n’engagent que lui. Je mets évidemment OB au défi de trouver cette clause dans les textes de l’UE qu’il évoque.

Si cette citation n’existe pas, alors la Russie a bien fait des pressions, mais pour faire dérailler un accord qu’elle ne voulait pas. Il y a bien rivalité autour de l’Ukraine qui est un champ de force pour son plus grand malheur.

La seconde citation de Barroso prend alors tout son sens. Elle est extraite de la source suivante : http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/ukraine/10482680/EU-will-not-accept-Russian-veto-says-Barroso.html, elle date du 29 novembre 2013. Elle est postérieure à la décision prise par Yanoukvitsh de différer la signature de l’accord d’association avec l’Europe.

Dans la cadre des pressions exercées, les propos rapportés sont les suivants : « the times for limited sovereignty are over in Europe. » Et la suite prend tout son sens. L’UE négocie avec l’Ukraine, pas avec l’Ukraine et la Russie simultanément.

« Yanukovych said he was now seeking a trilateral deal which would also include Russia as a player, a notion immediately dismissed. « When we make a bilateral deal, we don’t need a trilateral agreement, » said Barroso. »

Ce qui n’exclut en rien que des accords puissent être négociés entre l’Ukraine et la Russie de son propre chef, mais pas entre la Russie, l’Ukraine et l’UE, la Russie pouvant peser sur le traité.

La chute de la démonstration de OB semble donner un semblant de justifications à un examen faussé par son usage des sources

« Notons que l’hubris européenne est très étonnante, refusant de tenir compte des intérêts des autres parties concernées, dans un manichéisme étonnant. ». IL ne reste plus qu’au Président ukrainien qu’à se tourner vers la Russie « Ianoukovytch signe finalement le 17 décembre 2013 un accord avec la Russie, celle-ci acceptant d’injecter 20 Md$ par an en Ukraine. »

Et de tout cela, si l’on suit OB, c’est l’UE qui est coupable. C’est  vrai si on accorde foi à des sources ostensiblement fausses.

Petite conclusion 

OB semble instruire à charge, jamais à décharge, c’est le signe d’une partialité dont les exemples sont innombrables. La contre-information consisterait à faire état des tensions autour de l’Ukraine en contrôlant les sources avec un vrai esprit critique. En raison de son absence, attestée par maints exemples, j’ai pris la décision de rompre. Le fond et la forme du traitement du dossier ukrainien me paraissant étranger à une déontologie intellectuelle élémentaire.

Notre position est fort simple : ne pas rire, ne pas pleurer : comprendre. Et manifester autant que faire se peut une grande probité intellectuelle. Nous nous sommes contentés de traiter de la négligence d’une source pourtant décisive.

Ce petit papier montre que la fidélité à ses engagements n’est pas le fort de OB : ne dénonce-t-il pas «  la capacité des médias à sauter sur n’importe quelle information allant dans leur sens, la répéter en boucle comme si c’était parole d’évangile sans même faire preuve d’une once d’esprit pragmatique ou de méfiance élémentaire (chapeau le 4e pouvoir !) D’une servilité quasi absolue au 1er…), de laisser de coté ou de mépriser ce qui pourrait affaiblir cette information, et d’à peine évoquer son caractère faux quand il est révélé. »

Il parait pourtant argumenter à leur imitation. Où est la prudence élémentaire ? Où sont les informations qui pourraient soutenir véritablement  la thèse de OB ? L’information retenue n’a t’elle pas été choisie parce qu’elle allait dans un certain sens ? Et pourquoi aller dans ce sens ?

Je crois que les lecteurs OB sont en droit d’avoir une explication : OBH aura-t-il le courage d « évoquer le caractère faux de ses informations quand il est révélé. » ? 

L’avenir le dira…

.Je ne peux pour ma part que dire pourquoi j’ai arrêté de publier sur ce site. L’exemple que je prends pourrait être multiplié par dix et plus.  Nous pourrions sans peine montrer comment les textes ou les documents vidéo sont l’objet de distorsions non moins douteuses. Dans le cas que nous avons etudié ici, nous sommes a deux doigts de la falsification par « négligence ».

Onubre Einz.

Le 7/08/2014

J’ajoute un passage d’une excellente étude publiée par http://www.diploweb.com/Quelle-Union-eurasiatique.html. Elle permet de mesurer tout ce qu’à de partial l’analyse de OB et d’illustrer comment un dossier doit être instruit en toute connaissance de cause.

« Conjointement à cette promotion de l’Union Douanière, la Russie a signalé à l’Ukraine qu’en cas de signature de l’accord d’association, l’ensemble des accords de libre-échange liant Moscou (et à fortiori les autres pays signataires des accords de libres échanges de la CEI, pays de l’UD en tête) à Kiev seraient rompus, l’argument principal étant qu’il faudrait prendre des mesures protectionnistes contre les marchandises importées des pays de l’UE par l’Ukraine. La Russie a même récemment, vraisemblablement à titre d’avertissement, décrété des embargos sanitaires sur les produits ukrainiens, le dernier datant du mois d’août 2013 et interdisant provisoirement l’importation des célèbre confiseries de la marque ukrainienne Roshen [39]. Au vu du caractère politique des embargos « sanitaires » décidés par Rospotrobnadzor (les précédents moldave et géorgien de 2006 sont éloquents), il est possible qu’ils ont été émis afin de montrer à l’Ukraine les mesures que prendront la Russie (et à fortiori l’UD) en cas de signature par Kiev d’un accord d’association avec l’UE. Le 21 août 2013, Sergei Glaziev, le conseiller du Président russe, a ainsi indiqué que l’UD devrait probablement mettre fin à son accord de libre échanges avec l’Ukraine si ce pays signait l’AA avec l’UE, arguant de problèmes liés à la réexportation de produits européens via l’Ukraine vers l’UD, et à la non-adéquation entre les règlements phytosanitaires en vigueur en UE et au sein de l’UD [40].

Kiev a longtemps cherché un compromis lui permettant de bénéficier des avantages de l’AA et de ceux de l’UD et a ainsi tenté de négocier une participation simultanée dans ces deux entités. Sans vouloir remettre en cause le processus de rapprochement avec Bruxelles, fondamental pour l’économie ukrainienne, en grand besoin d’investissements et de modernisation, Kiev visait une forme de participation à l’UD. Cette intégration duale a été rejetée par les deux blocs : alors que Bruxelles indiquait que l’instauration d’une zone de libre-échange avec l’Ukraine était incompatible avec son intégration dans l’UD, Moscou insistait pour une participation entière de l’Ukraine à l’UD, et non un format spécifique de type « 3+1 » proposé à plusieurs reprises par Kiev. »

Hélas l’auteur de l’article ne cite pas les sources européennes; ce qui est bien dommage.

L’article, en tous points remarquable, permet de prendre la mesure du champ de forces économiques agissant autour de l’intégration de l’Ukraine aux ensembles économiques concurrents que sont l’UD et l’UE.  Nous sommes loin des simplifications de OB.

Quelques perles dans les commentaires d’internautes :

  • Je regarde la désinformation de OB, également la désinformation des autres médias, celle des Américains, et un peu celle des Russes directement (barrière de la langue). Et j’espère ainsi me faire ma propre information. C’est difficile, c’est vrai.
  • Grand merci pour cette explication.Le problème de la géopolitique est que ce que nous voyons sur scène n’est pas la réalité, tout se joue dans les coulisses, et tous les pays se drapent dans des intentions vertueuses et louables.
  • L’important pour un rédacteur de blog est de rester honnête.
    Et votre réponse prouve que vous l’êtes.
    J’espère que M Berruyer vous répondra et qu’en échangeant vos critiques vous parviendrez » à faire jaillir la lumière. »
  • Merci pour ce billet très instructif de la méthode OB. Je n’en pensais pas moins avant de vous lire!!Voilà plus de 6 mois que ce type crache sur l’Ukraine quotidiennement, voyant des nazis partout. La dernière élection présidentielle contredisant sont analyse grossière, il s’est enfoncé en affirmant que le parti Baktivichina (qui a déjà été au pouvoir de locale et nationale) est nazi!!! Belle pirouette lui permettant d’annoncer que 25% des ukrainiens votaient pour des partis ouvertement nazi!!C’est une méthode que je trouve abject. Ce Mr n’a jamais mis les pieds en Ukraine, et se permet de passer pour un spécialiste du sujet. Pour moi, c’est juste un usurpateur. Son traitement du MH17 est une insulte faite à l’intelligence.
  • À ceux qui parle de WWIII: ne renversons pas les rôles. L’entité qui masse des milliers de soldats à la frontière, qui viole la souveraineté territoriale, ce n’est ni l’UE, ni l’OTAN.
  • Il a publié une carte des bases de l’OTAN truffées d’erreur, la moitié des bases sont imaginaires (base au Maroc? Egypte???) (Voir l’article de votre dévoué Olrik)
  • A propos des nazis, il ferait bien de creuser un peu du coté séparatiste. Goubarev en personne a milité dans une milice nazie en Russie qui a été interdite depuis. Il en parle OB? Le blogger tchouvatche en Russie qui a levé l’info a été foutu en prison… Sous l’accusation de relayer une propagande nazie!!
  • Goubariev a bien milité au sein de l’UNR, Unité Nationale Russe, groupe de nazebroque dissout depuis en Russie.http://ukraine2014.canalblog.com/archives/2014/05/28/29966370.htmlhttp://www.ostro.org/general/politics/news/445793/ce dernier lien est en russe, désolé, vous demanderez à votre Olivier comme vous amis à l’appeler, de le traduire, puisque c’est un spécialiste du monde slave apparemment…

    Ah bon, il ne parle pas russe? Ah vous m’en voyez surpris, du coup, quel crédibilité peut on lui apporter sur ce genre de crise étant incapable de lire les 3/4 des sources de façon directe??

  • Je suis quand même surpris, lui qui voit des nazis partout…
  • Je fais un résumé de la réponse que je vous avais fait. Berruyer est un opportuniste qui n’a que faire de son lectorat et de la vérité. Ce qui lui importe c’est son chiffre d’affaires : le nombre de connexions qui lui permet d’être classé dans le top ten des blogs. (Pour info, il demande des dons, 3000 € par mois et la pub lui rapporte un joli petit paquet) ps: un nom de domaine coute 20€ par ans.
  • Hélas nombre de lecteurs ne disposent pas des connaissances ou de la prudence de base pour ne pas être victime de cet ambitieux manipulateur.
  • Prenant pour argent content, les informations sur l’Ukraine du site les crises.fr les lecteurs se trouvent gravement égarés par des thèses ou des lectures d’événement ponctuel qui sont de grossières manipulations. J’en ai démonté trois, elles sont légion. Sans doute, la thèse la plus stupide est celle qui fait une lecture nazifiante ou fascisante de la situation en Ukraine.
  • Je suis totalement en phase. Ce monsieur a sauté sur la crise ukrainienne comme la petite vérole s’empare du bas clergé…
  • Ce qui me dégoute, c’est sa façon quotidienne de cracher sur l’Ukraine, en tant que pays, que peuple… Tout ça pour servir sa petite popote qui sent de plus en plus le rance. Pitoyable comme vous dites.J’ai remarqué aussi sa façon d’en appeler à la générosité de ses lecteurs, alors même que la modération des commentaires (très discutables quand on voit les plaintes qui passent entre les mailles du filet) est assurée par des bénévoles!!! On croit rêver.Pour moi, c’est un usurpateur. Reprendre des billets du saker prouve le peu de conscience qu’il a. C’est juste devenu un ventilateur à propagande russe. Ni plus, ni moins.
  • Démonter ses propos est de moins en moins dur, moi-même, le peu que je vois, c’est de la dissidence ultra-discount. Baktivichina, n’importe qui connaissant un minimum l’Ukraine vous dira que ça n’a rien de fasciste. Le peu que j’y vais, ça ne tient pas à 2 minutes de réflexions.
  • Et de tout cela, si l’on suit OB, c’est l’UE qui est coupable. C’est vrai si on accorde foi à des sources ostensiblement fausses.
  • Ah ben mince alors, moi qui me suis fait traiter de troll lors de mes interventions sur le site Lescrises à propos de la Syrie et de l’Ukraine, je me sens moins seul!

    J’avais comme une impression que ce monsieur OB était un imposteur, sans en être totalement convaincu, maintenant j’ai moins de doutes.

    ah enfin quelqu’un qui lève un peu le voile!….bravo pour votre analyse! je me suis fait allumer pas mal de fois sur les_crises et pourtant sans avoir jamais mis les pieds à Kiev,je connais un peti peu le sujet, mon frere y a vécu plusieurs années et s’y est meme marié!….donc d »après OB et ses amis je devrais etre un kievien_fasciste_otanien etc….. Non!seulement j’avoue etre un anti-poutinien de base, qui se marre quand OB parle de propagande provocatrice de kiev et de simple petite erreur de route frontaliere quand 10 paras russes se font coincer à 20 km de la frontiere…cela demontre l’aveuglement collectif de ce site. Déjà sur la Crimée, pas un ne voulait voir un Anschluss, c »etait tout juste un reve d’independance criméen,…….les petits hommes verts étaient-ils des petits martiens ???

Olrik

3 réflexions sur “Un rédacteur du site d’Olivier B dénonce ces pratiques

  1. j’adorerais être une petite souris et connaître tout les détail croustillants. Cet Olivier est d’un partis pris flagrant, malsain même.
    il trouve du « plaisir » à mentir je crois. du moment que c’est anti-occidental, anti-nous… il est français ou c’est juste un nom d’emprunt ?

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  2. Les soit disant Nazi de l’Ukraine sont les descendants directs des victimes des crimes d’occupation de Staline, dont l’Holodomor (http://fr.wikipedia.org/wiki/Holodomor)
    Ils se sont alliés il y a 70 ans à l’Allemagne, que personne ne considère plus comme NAZI, contre un régime également totalitaire, ayant par ailleurs signé des accords avec Hitler…
    Ils ont effectivement lutté contre des ukrainiens favorable au régime de Staline.
    Les peurs des personnes du Donbass reposent la dessus, a coup de propagande et de souvenirs volontairement ravivés, alors même que seuls les partis d’extrême droite européens ont cautionnés les élections du 2 novembre du Donbass. (il y a comme un hic).

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